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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 06:56

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     Le washoku : la gastronomie japonaise sera bientôt inscrite sur la liste du patrimoine mondial culturel immatériel de l’UNESCO. Le Japon sera le quatrième dans ce genre gastronomique après la France, le Mexique, et la Turquie.

     Située au même rang, la cuisine japonaise a  une caractéristique complètement opposée à celle de la gastronomie française. Si la cuisine du pays de Brillat-Savarin est celle d’addition, la cuisine du pays du soleil-levant est celle de soustraction. En France, l’on cuit, saute, grille, rôtit, mijote, bouilli, et allonge la sauce. Plus l’on prépare, plus c’est apprécié. Au Japon, moins l’on prépare, plus c’est apprécié. Par exemple, ce qui pèse beaucoup concernant le sashimi, poisson cru, c’est la fraîcheur.

     Aux repas japonais, des touristes occidentaux me demandent toujours par quelle assiette il faut commencer à manger. A la différence de la table de restaurants français, vous trouverez plusieurs assiettes à la fois sur la table de repas de la fête de l’auberge japonaise (ryokan).

     Je leur dis alors : «Il n’existe pas d’ordre de rigueur. Vous n’avez qu’à suivre votre appétit, votre instinct.» C’est un peu méchant, car c’est difficile de juger la saveur avant de goûter si c’est la première fois pour vous d’essayer. J’ajoute de plus : «Sinon ce qui me semble logique, c’est de commencer par les plats moins épicés, et moins gras et de terminer par les plus épicés, et les plus gras.» C’est encore méchant. Bref, c’est à vous de goûter. «Itadakimasu ! (merci pour ce repas ou bon appétit) »

     Je suis parfois gentil de leur donner une autre solution plus facile : «Vous pouvez attaquer des plats qui se trouvent plus proches de vous.» en ajoutant, «Vous êtes tout à fait autorisés de soulever des assiettes et des bols. Ce n’est pas du tout impoli, ici au Japon.»

     Le festin à l’auberge de campagne, c’est une des variations de la cuisine traditionnelle japonaise du style Kaiseki 会席. Au repas kaiseki, les mets viennent en principe l’un après l’autre ;

1) Sakizuke (先付, les hors-d’œuvre) ou Hassun (八寸)

2) Wanmono (椀物, le bol de la soupe)

3) Sashimi (刺身, les poissons crus) ou Mukozuke (向付)

4) Yakimono (焼物, le rôti, le grillé)

5) Agemono (揚物, le frit)

6) Sunomono (酢物, le mets vinaigré)

7) Kobachimono (小鉢物, le petit bol)

8) Tomewan (止椀, le dernier bol de la soupe), avec Gohan(ご飯, le riz) et Konomono (香物, les légumes salés)

9) Mizugashi (水菓子, les fruits, le dessert) 

     C’est un exemple. Dans ce cas-là, vous suivez simplement l’ordre déterminé à l’avance. Ainsi, vous pouvez apprécier une variété de produits alimentaires de saison, de façons différentes de préparations, de présentations raffinées (moritsuke), et des assiettes elles-mêmes. D’après moi, tous les mets sont censés d’aller bien avec du sake, alcool du riz du Japon. Nous mangeons en buvant du sake, ou plutôt, nous buvons du sake en mangeant.

     Mais vers la fin du repas, vous vous arrêtez de boire. Parce que l’on vous apporte du riz avec des légumes salés et une soupe de miso. C’est le fameux trio de la cuisine japonaise, l’équivalent de votre trio : le pain, le fromage et le vin. On dirait la Trinité. Le repas japonais est comme un long tunnel noir. A la sortie de tunnel, vous trouverez cette lumière du trio.

     Comme le sake et le riz sont de la même matière, si l’on mange du riz en buvant du sake, ce serait une redondance. Bon ! Faisons un bouchon avec du riz sur le sake que nous venons d’avaler. Le riz est un bouchon japonais tandis que les Français ont un trou normand à remplir par un petit verre de calva. Le trou et le bouchon ne vont pas ensemble dans le monde gastronomique.

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 08:11

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C'est la troisième et la dernière partie de l'article concernant la promenade architecturale dans le quarteir de Omotesando. J'ai mis des étoiles pour chaque construction, à la manière de guide Michelin. Si vous n'avez pas beaucoup de temps, vous pouvez parcourir en regardant seulement les onze bâtiments avec trois étoiles. Si vous visitez tous les 25 bâtiments, mes félicitations!

PHOTOS:Gymnase I de Yoyogi, The Ice Cubes, The Iceberg

18) GYRE (2007, MVRDV=Wini Maas : 1959 - ,Jacob van Rijs : 1964 - , Nathalie de Vries : 1965 -)***

GYRE est un bâtiment assez banal à première vue, mais il faudrait apprécier ses subtilités. D’abord, la texture de murs est spéciale. La forme de tuile est oblongue. La surface est formée avec des moules de papier chiffonné. Ensuite, la forme de bâtiment est à l’issue de rotation de chaque niveau à des différents angles, ce qui donne des terrasses de différentes formes. à chaque niveau tout en gardant l’équilibre d’ensemble. GYRE est un trio d’architectes hollandais basés à Rotterdam.

19) ancien hhstyle.com, alias crane’s 6142 (2000, Kazuyo Sejima : 1956 - ) **

J’aurais voulu vous montrer cet immeuble quand le boutique très «in» de meubles hhstyle.com existait ici. Après la fermeture en 2010, l’immeuble est passé au boutique de jouets et devenu actuellement le boutique de vêtements d’occasion, hélas. Pourtant, sa large façade en vitre nous fascine toujours.

20) ancien hhstyle.com casa (2005, Tadao Andô : 1941 - ) **

Ce bâtiment a connu le même sort que crane’s 6142. Après hhstyle.com casa, Nike Sportswear, et à partir de novembre 2012, BODY WILD de sous-vêtements qui a plus de respect envers l’architecture de Ando. Vous pouvez reconnaître la ressemblance d’une fenêtre oblongue sur le mur noir avec 21_21 Deseign Sight de Roppongi.

21) The Iceberg (2006, CDI=Creative Designers International=Benjamin Warner) **

Un iceberg en cristal au centre de Tokyo, tel est le concept de cette montagne en verre. Le rez-de-chaussée est consacré au salon de voiture Audi. Vous pouvez commander un café à Audi café au deuxième niveau. 

22) Tokyu Plaza OMOHARA (2012, Hiroshi Nakamura : 1974 - ) ***

Le conglomérat Tokyu (chemin de fer, hôtellerie, immobilier, construction, grand-magasins etc.) a confié le développement de ce point stratégique du carrefour Jingumae à un jeune architecte prometteur. Nakamura a installé à l’entrée principale l’escalator montant avec des murs de miroirs dont l’axe est orienté vers le centre du carrefour. Une autre caractéristique est la terrasse avec de la verdure sur le toit, qui s’appelle «Omohara no Mori», la forêt de Omohara. Omohara est la combinaison de deux abréviations : Omo pour Omotesando et Hara pour Harajuku. Une grande ambition de devenir un point de repère pour ces deux quartiers. Nakamura a  travaillé au studio de Kengo Kuma avant d’être indépendant. Il a conçu le boutique de Lanvin en 2004.

23) The Ice Cubes (2008, Jun Mitsui : 1955 - ) ***

Difficile de se distinguer comme construction dans le quartier de Harajuku.  Pour son deuxième boutique au Japon après celui de Ginza, cette marque suédoise a choisi Mitsui, qui a travaillé au bureau de César Pelli. Mitsui a essayé de donner une impression «cool», en utilisant plusieurs blocs de «glaçons» entassés verticalement. Je vous conseille de reculer un peu pour bien apercevoir l’ensemble.

24) v28, alias Veloqx Building (2004 CDI=Creative Designers International=Benjamin Warner) **

Avec sa façade cambrée en verre, ce bâtiment abrite en bas Zara et en haut une salle de sport (club de fitness) Gold’s Gym qui est ouvert 24 heures sur 24 heures. Vous pouvez voir des sportifs s’entraîner à travers des vitres illuminées par LED.

25) Gymnases de Yoyogi (1964, Kenzo Tange : 1913 - 2005 ) ***

C’est un des chef-d’œuvres de l’architecture de l’après-guerre au Japon. Tange a adopté la technologie de la construction du pont. Pour Gymnase I, il y a deux hauts piliers qui soutiennent tout le poids du toit comme un pont suspendu. Pour Gymnase II, un seul pilier  qui porte le toit.  En plus les toits sont composés avec la technique de la construction navale. Ainsi, Tange a montré son talent innovateur. (fin)

1IceCube  2Iceberg

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 17:46

 

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La Jetée est mon bar favori à Golden-gai, Shinjuku, Tokyo. J'y ai amené Adrian et David. Adrian a écrit un bel article sur ce bar avec la photo de David dans le premier numéro de Vanity Fair édition française qui est actuellement en vente aux kiosks. Après la parution, un peu plus de clients sont venus et Madame Kawai et moi, nous nous sommes félicités. A vrai dire, ici ce n'est pas autant snob qu'Adrian a décrit. A vous de juger...

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 09:41

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La suite de l’article dernier. L’avenue Omotesando est donc devenu une vitrine pour l’architecture contemporaine de cette ville. Chaque architecte manifeste sa créativité. Je vous montre des photos du bâtiment Tod’s Omotesando de Toyoo Ito, lauréat du prix Pritzker d'architecture cette année. Une partie de surface sera cachée bientôt par un autre immeuble.

 

9) Univercité des Nations unies (1992, Kenzo Tange : 1913 - 2005) **

Tange, surnommé « le mondial (sekai-no Tange) », a laissé beaucoup d’œuvres de grande échelle. La façade symétrique ressemble à une pyramide. Aux côtés, de grands contreventements forment des triangles tous les trois étages.

10) One Omotesando (2003, Kengo Kuma : 1954 - ) **

Kuma a installé sur la façade supérieure son élément favori : ce qu’on appelle comme «louver » en anglais, on dirait ici en français des lamelles en bois inspirées de claire-voie.  Si vous ne vous déplacez pas un peu vers l’autre côté du bâtiment, vous ne remarqurez jamais qu’il a un trou surprenant au cinquième niveau.

11) Omotesando Keyaki Building (2013 ?, Dan Norihiko : 1956 - ) **

Encore en construction au mois de juin 2013, cette construction surprendra des passants de l’avenue Omotesando avec sa forme unique qui se ressemble, à mes yeux, au tambour traditionnel japonais, tsuzumi. Encore un autre point de repère.  

12) Tod’s Omotesando (2004, Toyoo Ito : 1941 - ) ***

Ito vient de recevoir le prix Pritzker d'architecture en 2013. Il est le sixième Japonais. Ayant même âge que Ando, il a aussi obtenu plusieurs prix d’architecture à partir des années 80. Mais la période internationalement fertile de Ito a commencé en 2000 avec son chef d’œuvre unique, la Médiathèque de Sendai. Il n’a cessé d’évoluer depuis. Pour ce Tod’s Omotesando, il a appliqué sur la surface des formes d’arbres qu’il a repris des allées de  keyaki. J’espère que la vue sera encore dégagée car un autre bâtiment pourrait la gâcher.

13) Louis Vuitton Omotesando (2002, Jun Aoki : 1956 - ) ***

Aoki a construit plusieurs boutiques de Louis Vuitton au Japon. Ce boutique principal du Japon s’inspire des valises entassées du sol jusqu’au plafond. Veuillez voir attentivement la façade pour découvrir cette inspiration. Le bâtiment abrite au  septième niveau une galerie d’art : Espace Louis Vuitton Tokyo.

http://espacelouisvuittontokyo.com/

14) Omotesando Hills (2006, Tadao Andô : 1941 - ) ***

La forme de terrain de ces anciens appartements Dojunkai des années 20, a conduit à Ando de donner une longue façade de 250 mètres de largeur. A l’intérieur, il a placé une cour autour de laquelle se trouve une pente en spirale de 700 mètres de longueur du haut du bâtiment jusqu’en bas. La pente est fixée à 3 degré, la même inclination que l’avenue.   

15) Undercover lab (2001, Klein Dytham : Astrid Klein & Mark Dytham) *

Sur une surface d’un carré de 12 mètres de quatre côtés, une boîte dépasse brusquement en air à cinque mètres d’hauteur sans piliers. Un paysage magique de Tokyo dans un petit coin en arrière de Omotedando Hills. C’est un studio de stylistes de la mode.

16) Association des infirmières (2004, Kisho Kurokawa : 1934 - 2007 ) ***

Avant d’être indépendant, Kurokawa a travaillé au studio de Tange. Ensuite il a fait partie du mouvement « métabolisme » dans le monde architectural du Japon. Il est toujours pour l’évolution. Dans cet immeuble complexe, Kurokawa a mis des boutiques un peu reculé de l’avenue pour avoir de l’espace libre. A droite, il a mis une grande cône avec des vitres. Cet atrium sert à l’entrée pour l’association et à l’accès pour le hall de sous-sol.

17) Dior Omotesando (2003, SANAA = Kazuyo Sejima : 1956 -  et Ryue Nishizawa : 1966 -) ***

Le duo de deux architectes SANAA est maintenant très connu en Europe. Après le prix Pritzker d'architecture de 2010, leur musée Louvre-Lens est bien acclamé en 2012. Leurs travaux pour la Samaritaine Paris sont en progrès.  Ce boutique Dior Omotesando a double façade : des vitres à l’extérieur et des rideaux drapés  de résine acrylique à l’intérieur, ce qui pourrait symboliser une robe d’haute couture. Le bâtiment a en apparence 8 niveaux, mais seulement quatre niveaux sont utilisés, comme un donjon de châteaux japonais. (à suivre)

 

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 07:02

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Omotesando est une jolie avenue de 1,1 kilomètre de longueur, 39 mètres de largeur. Elle est  légèrement inclinée de 3 degrés. Du haut, du carrefour Omotesando, en passant par le carrefour Jingumae, elle vous dirige vers l’entrée du sanctuaire Meiji avec ses 200 arbres de keyaki, une variété d’orme.

Je vous présente vingtaine d’architectures modernes à voir aux alentours de cette avenue. Ce sera une promenade de 60 minutes, si vous choisissez la route raccourcie A, sans vous arrêter trop longtemps à Oriental Bazzar, le boutique de souvenirs qui se trouve entre Dior et l’association des infirmières.

1) Musée Nezu (2009, Kengo Kuma : 1954 - ) ***

Ce musée a une des plus jolies introductions de Kuma avec de longs murs de bambou.  Pour le grand toit noir de style traditionnel japonais Kirizuma, il a opté la combinaison de tuiles fines et de plaques en acier comme avant-toit. Kuma vient de compléter en France la Cité des Arts et de la Culture de Besançon, FRAC Marseille, et la Conservatoire d’Aix-en-Provence.

2) Collezione (1989, Tadao Ando : 1941 - )**

Maintenant le grand maître de l’architecture contemporaine japonaise, Ando a déjà manifesté son emblème : les murs en béton brut de décoffrage dont la surface est très lisse. Je vous conseille de vous glisser un peu à l’intérieur pour comprendre sa combinaison de formes rondes et de formes carrées.

3) From 1st (1976, Kazumasa Yamashita : 1937 - )**

Un peu plus âgé que Ando, Yamashita a complété ce complexe commerce-habitation bien avant que Collezione.  C’est un des chefs d’œuvres de l’époque. Il vaudrait mieux que vous vous placiez un peu à l’intérieur pour comprendre son jeu de combinaison des éléments.

4) Musée mémorial de Taro Okamoto (1953, Junzo Sakakura : 1904 - 1979 ) *

Sakakura a travaillé chez le Corbusier.  Son ami, le peintre Taro Okamoto lui a confié de construire son atelier. De 1954 jusqu’à sa mort, Okamoto y a vécu pendant un peu moins d’un demi-siècle. Après sa mort, l’atelier est devenu un musée et ouvert au publique.

5) The Jewels of Aoyama (2005, Jun Mitsui : 1955 - ) **

Le contraste de deux bâtiments, celui de Cartier qui est couvert en verre et le bâtiment principal avec  des décorations murales en treillis. 

6) Prada (2003, Herzog & dte Meuron : 1950 - , 1950 - ) ***

Environ 800 carreaux en losange donnent  tout de suite une forte impression. Si vous observez bien, vous vous rendrez compte qu’il existe trois variétés de losange : tout plat, enfoncé, et gonflé. Il faut oser entrer à l’intérieur du boutique pour voir une cabine d’essayage unique, mais vous seriez obligé d’acheter quelque chose d'assez cher. Au soir, ce boutique vous révèlera une autre image lumineuse.

7) Spiral (1985, Fumihiko Maki : 1928 - )**

En 1993, Fumihiko Maki est choisi comme lauréat du prix Pritzker d'architecture. Il était le deuxième Japonais après son maître Kenzo Tange. Représentatif du courant modernisme, il a combiné des éléments de la géométrie tels qu’un carré, un rond, un triangle, et un cône.

8) Ao (2008, Nihon Sekkei inc.)*

Ces deux bâtiments combinés sont conçus par Nihon Sekkei, un grand bureau d’architectes, comme c’est souvent le cas au Japon. Il faut les voir de l’axe nord-sud pour apercevoir son mur de précipice incliné. (à suivre)

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 00:49

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A Nara, dans le parc de Nara, des daims et des daines nous accueillent. Les Japonais considèrent les daims comme des messagers des dieux.  Ils n'en mangent pas, mais ils chérissent les daims. Ils les touchent, ils leur parlent, et ils les alimentent. Les biscuits destinés aux daims «shika-senbei» sont en vente à 150 yens. 

Le nombre de daims dans le parc reste plus ou moins inchangé entre 1 100 et 1 200. Chaque année, ils ont une centaine de naissances et une centaine de morts, dus à la maladie, aux accidents de voiture etc. Si vous les observez bien, vous vous rendez compte que les mâles sont beaucoup moins nombreux que les femelles, dans le rapport de 1 à 4. Un harem. Pourtant, des mâles se battent entre eux en automne. C’est la saison de l’amour. Pour éviter qu’ils se blessent, nous les faisons se couper des cornes au début d’octobre chaque année.  Cette coupure de cornes est devenus un rite du sanctuaire Kasuga-taisha. Il se tient depuis le 17ème siècle.

Souvent, près de vendeurs de biscuits, des daims sont parfois agressifs. Attention, je vous préviens, il ne faut pas trop taquiner des daims. Surtout à la saison de l’accouchement de printemps et à la saison de l’amour. La saison de l’amour, c’est-à-dire ils sont en rut. Ils sont en rut seulement en automne. D’après mes recherches, seul l’être humain est capable d'être tout le temps en rut, ou jamais.

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 14:24

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Un quiz. On y trouve le père : Chichi, et la mère : Haha, et le gendre : Muko. Cela se trouve dans Tokyo, mais la plupart des Tokyoistes passent une nuit pour y aller. Là-bas, il y a des mammifères à voir. Même si on ne les voit qu'une fois, on crie "C'est assez!" C'est là ou j'arrive jeudi prochain. Où est-ce?

Ce sont les îles Ogasawara (île Chichi-jima, île Haha-jima, île Muko-jima et d'autres) à la distance de 1 000 km de la métropole, à peu près à la même latitude que les îles de Okinawa. Mais comme il n'y a pas de piste à Ogasawara, on doit prendre un bateau. Ça prendra 26 heures pour y arriver! On pourrait aller jusqu'à Paris et même revenir pendant ce temps-là.

On dit en hiver il y a plus de possibilités de rencontrer des "cétacés", kujira en japonais, surtout des baleines à bosse (mégaptère) : zatô kujira. A part cette observation des baleines, whale watching en anglais, je compte faire un kayak de mer, et 
une randonnée dans la nature avec un guide local. C'est un patrimoine mondial de l'UNESCO. 

http://whc.unesco.org/fr/list/1362/
 

 

 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 16:23

2012-11 1161karaoke

 

     Bonne Année ! Tout à l’heure, au soir du dernier jour de l’année, je regardais à la télé Kohaku-Utagassen, la bataille de chansons entre le camps rouge et le camps blanc. Le blanc a gagné. Au moins un tiers des Japonais regarde cette émission. Les Japonais aiment la chanson.

     Et ils aiment aussi le karaoke quel que soit son âge.  Ils sont sérieux et s’entraînent toujours pour s’améliorer.  Pour s’entraîner, il y a plusieurs moyens.

a) acheter un disque et chanter en l’écoutant,

b) chanter en entendant une chanson en YouTube,

c) plus récemment, acheter un «Nintendo Wii U», le modèle japonais de Basic avec 31500yen et un micro, et utiliser le logiciel inclus «Nintendo x JOYSOUND Wii Karaoke U» en se connectant avec l’internet.

http://www.nintendo.co.jp/wiiu/karaoke/

      Sinon, vous pouvez vous exercer simplement à la façon ;

d) «Hito-Kara». «Hito» veut dire en solo, donc vous allez tout seul à la boîte de karaoke.
     Contrairement à ce que je viens de vous expliquer, pas mal de mes amis vont au karaoke pour s’enfermer.  Cela vous semblerait contradictoire, mais leur but initial était de s’entraîner avec les mêmes conditions pour le grand jour.  Aujourd’hui, le hito-kara est devenu à la mode, in, tendance.  «One-Kara» est la première chaîne d’établissements de style hito-kara avec 5 branches à Tokyo. Toutes les chambres, le «pit» dit-on, sont pour une personne avec seulement 2 mètres carrés. Il n’y a plus de haut-parleurs, mais  vous vous mettez au casque de meilleure qualité.  Apporter son propre casque d’écouteur est aussi autorisé. Ainsi, on se concentre, on se plonge dans son propre univers, on chante pour soi.

     Un autre point important concernant le karaoke au Japon pour les Français, c’est de savoir quelles chansons françaises sont disponibles. D’après mes recherches intenses pour les clients potentiels, seulement une vingtaine de tubes sont chantables.  Aucune chanson de Cloclo, ni celle de Johnny, vous ne retrouverez que de bonnes vieilles chansons françaises de l’époque ;

La vie en rose : Edith Piaf, 1946「バラ色の人生」

Les feuilles mortes : Yves Montand, 1946「枯葉」

Hymne à l’amour : Edith Piaf, 1950「愛の讃歌」

Sous le ciel de Paris : Jean Bretoniere,1951「パリの空の下」(celle de reprise par Piaf)

L’Âme des poètes : Charles Trenet, 1951「詩人の魂」(celle de reprise par Yvette Giraud)

Le Poinconneur des Lilas: Serge Gainsbourg, 1959「リラの門の切符切り」

Non, je ne regretted rien: Edith Piaf, 1960「水に流して」

Tous les garcons et les fille: Francoise Hardy, 1962「男の子女の子」

Dominique: Soeur Sourire, 1963「ドミニク」

Sans toi Ma mie : Salvatore Adamo, 1963

La plus belle pour aller danser : Sylvie Vartan, 1964「アイドルを探せ」

Poupee de cir, poupee de son: France Gall, 1965「夢見るシャンソン人形」

L’amour est bleu : Vicky Leandros,1967「恋はみずいろ」

Irresistiblement : Sylvie Vartan, 1968「あなたのとりこ」

Comment te dire adieu : Francoise Hardy,1968「さよならを教えて」

Le temps des fleurs : Vicky Leandros, 1968「悲しき天使」(La version originale s’intitle «These Were the Days».)

Tout tout pour ma cherie : Michel Polnareff, 1969「シェリーに口づけ」

Les Champs-Elysees : Danielle Vidal (Joe Dassin), 1969「オー・シャンゼリゼ」

Je t’aime… moi non plus : Jane Birkin & Serge Gainsbourg, 1969「ジュ・テーム・モワ・ノン・プリュ」

Pour un flirt: Michel Delpech, 1970「青春に乾杯」

Paroles, Paroles: Alain Delon & Dalida, 1972「甘い囁き」

L’aquoiboniste: Jane Birkin, 1977「無造作紳士」

T’en vas pas: Elsa, 1986「悲しみのアダージョ」

Elastique: Charlotte Gainsbourg, 1986「エラスティック」

Be my baby: Vanessa Paradis, 1992「ビー・マイ・ベイビー」

     Voilà. Vous pouvez les retrouver en cherchant sur la télécommande par des noms d’artistes. Cette liste sera largement suffisante pour s’amuser ensemble pendant deux heures mais pas pour toute la nuit jusqu’à l’aube, ce qui m’arrive peut-être au moins une fois par an. Alors vous seriez obligés de chanter des chansons anglaises et japonaises.

     Quelles sont les chansons fréquentes qu’on a chantées au karaoke?  D’après les statistiques de 2012,

1)Heavy Rotation : AKB 48, 2010「ヘビーローテーション」

http://youtu.be/lkHlnWFnA0c

2)Memeshikute : Golden Bomber, 2009「女々しくて」

http://youtu.be/vvepe04Dbh4

3) Zankokuna Tenshino Teeze/ouverture pour «Neon Genesis Evqngelion»: Yoko Takahashi,1995「残酷な天使のテーゼ」高橋洋子

http://youtu.be/9ADg1z0zxZs

4) Senbonzakura : Miku Hatsune par White Flame 「千本桜」

http://youtu.be/RNFidBtcqr0

http://joysound.com/ex/st/special/feature/2012year_ranking/

http://www.barks.jp/news/?id=1000085195&p=1

     Parmi ces chansons, si vous connaissez Golden Bomber qui s’est déjà présenté à Japan Expo, vous aurez la possibilité de la version française de «Memeshikute», qui commence par «Memeshikute, memeshikute, c’est très dur…». 

(photos ci-dessus:Une chambre d'un karaoke)

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 05:22

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     Le karaoke d’origine japonais est aujourd’hui mondialement connu. «Kara» veut dire le vide, et «Oke» signifie l'orchestre.  «Karaoke» est donc l'orchestre vide, c'est-à-dire il y manque la voix. Votre voix. Vous n’avez qu’à chanter.

     C’était en 1971 que  Daisuke Inoue, a mis sur le marché la première machine de karaoke. Ce musicien jouait à la guitare dans des clubs de Kobe pour des clients habitués d’amateur qui voulaient chanter. Au bout de quelque temps, il en avait assez d’être un juke-box vivant et cette idée lui est venue : le remplacer par une amplificateur et un magnétophone fourni avec des bandes pré-enregistrées par lui.  Au lieu de se présenter pour jouer, il a commencé à louer ses machines à des clubs.

     La grande  évolution du karaoke a eu lieu au Japon dans les années 90 grâce au développement de réseaux d’internet.  Le karaoke connecté nous a permis de chanter des milliers de chansons si on peut. Le système «Joysound» nous fournit maintenant  plus de 200 000 chansons alors que «DAM» en offre 135 000.  Il y a parfois des karaoke-boxs, établissements où on chante, qui sont équipés en même temps de ces deux grands systèmes.  Pour vous les européens, je vous conseille de visiter d’abord un des  karaoke-boxs de la chaîne «BIG ECHO», qui est gérée par Daiichi-Koshô.  Car cette entreprise administre le «DAM», qui développe plus de chansons occidentales que «Joysound».

     Le karaoke-box au Japon, ce n’est pas un endroit pareil que vous imaginez si vous n’êtes jamais venu au Japon. Un salon plutôt grand où se trouve une petite scène élevée au coin avec un micro, c’est une vieille image fixe de karaoke. Chez nous, c’est des années 80. C’est démodé, ringard ! Maintenant, un karaoke (on ne dit plus karaoke-box, en fait) se compose de plusieurs petites chambres sur des étages d’un bâtiment. Chaque chambre est indépendante et fermée avec une porte épaisse et peut accueillir de deux à une dizaine de personnes.

     C’est une évolution évidente pour nous des Japonais. Pourquoi ?  Parce que le karaoke est devenu une espace où l’on peut non seulement s’exprimer mais aussi  se communiquer, surtout entre nous, entre des amis qui se connaissent déjà. Le karaoke est un moyen de communication pour les Japonais. Les Français se communiquent en principe en bavardant.  Les Japonais n’en sont pas tellement doués, et ils se communiquent en chantant. Car à travers des chansons, l’on pourrait surmonter des fossés entre les générations.

     Si l’accent est mis plus sur la communication que sur l’expression artistique, ce n’est pas obligatoire  de très très bien chanter.  Beaucoup de Français n’osent pas chanter au début en craignent  qu’ils chantent faux. Cela tombe vrai la plupart des cas, pardon, pourtant ils ont d’excellents chanteurs comme Edith Piaf, Yves Montand…Vous ne devrez pas être intimidé, mais comment surmonter ce handicap ? Il n’y a que deux solutions.

1) boire un ou deux verres de pressions juste avant de chanter

2) s’entraîner à l’avance

     Dans le cas de 1, vous risqueriez de chanter encore plus faux, mais vous ne vous en rendrez pas compte .

(à suivre)

 

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 01:50

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     Lorsqu’on visite la forêt de bambou, je raconte ce récit aux voyageurs. «Le conte de la princesse Kaguya» ou «le conte du coupeur de bambou», «Taketori-Monogatari» en japonais, est la fiction la plus ancienne au Japon. La date de la rédaction pourrait remonter jusqu’au 9ème siècle. «Taketori-Monogatari » doit attirer l’attention à nouveau l’an 2013, car la prochaine œuvre du studio Ghibli de dessin animé serait inspirée de ce conte.

 

     «Le conte de la princesse Kaguya» (extraits, traduit et adapté par Tomo)

 

     Il était une fois un vieil homme, Okina, qui coupait des bambou. Il gagnait sa vie en fabriquant des paniers et des corbeilles en bambou. Un jour, quant il était dans la forêt de bambou comme d'habitude, il trouva un tronc de bambou dont la partie la plus basse brillait mystérieusement. Il s'en approcha et trouva entre les nœuds de bambou une très petite fille de 3 Suns, à peu près 10 centimètres de hauteur.

     " Quelle belle fillette! ", il s’éclama.

     Comme il n'y avait pas d'enfant entre ce vieil homme et sa femme, il l’amena jusque chez soi. Ils commencèrent à élever cette jolie existence. Son nom est Kaguya-hime: la princesse Kaguya.

     Après l'arrivée de la princesse Kaguya, chaque fois il se rendit dans la forêt de bambou, il trouva un bambou qui contenait un morceau d'or entre les nœuds. Il devenait de plus en plus riche.

     Kaguya-hime grandit en seulement trois mois, et arriva à avoir une beauté ravissante.

     "Nous avons de la chance d'avoir une telle fille qui nous donne beaucoup de lumière. Sa lumière fait disparaître nos soucis, nos colères, et nos souffrances." Le vieil homme et sa femme se contentèrent.

 

     En entendant la réputation de la beauté éblouissante de la princesse Kaguya, beaucoup de jeunes hommes sont venus pour demander la main de la princesse.

     Parmi ces demandeurs, cinq princes se distinguèrent avec leurs attachements. Le vieil homme voulut marier la princesse à un de ces cinq princes.

     "Lequel de ces cinq vous plaît le plus?", le vieil homme demanda à la princesse.

     "J'aimerais avoir la preuve", elle répondit.

     "Quelle preuve?"

     "J'aimerais demander au premier un bol en pierre de bouddha; au deuxième, un arbre qui se trouve en montagne Hôrai avec sa racine en argent et sa tige en or et ses fruits de perles; au troisième, la peau du souris de feu de Chine; au quatrième, une perle au cou de dragon qui brille en cinq couleurs; au dernier, la coquille que les hirondelles gardent." Cinq princes s'en allèrent. Et ils y échouèrent tous.

     Ensuite, l'empereur arriva pour l’engager à sa cour. Mais la princesse refusa en disant,

     "Si j’étais née dans ce monde, j’aurais pu vous servir. Mais comme je ne suis pas de ce monde, c’est impossible. "

     L’empereur insista et s’en approcha, que la princesse devint invisible. Il y renonça et lui ordonna de réapparaître.

 

     Ainsi, trois ans passèrent. Depuis le début de ce printemps, la princesse se trouvait très mélancolique contemplant la pleine lune. D’après les servantes, la princesse pleurait chaque fois qu’elle regardait la lune.

     "Il ne faut pas regarder la lune comme ça. Sur quel malheur lamentez-vous", Okina lui demanda.

     "Je ne déplore pas. Mais la lune me rend si solitaire et triste", la princesse soupira.

     Au soir de la pleine lune du 15 août, elle se mit à pleurer à nouveau, cette fois-ci, violemment.  

     "Mais qu’est-ce qui vous prend ? " le vieil homme demanda à la princesse.

     "Le moment est venu. Il faudrait que je retourne à la lune, mon pays natal où se trouvent mes parents, citadins de la ville lunaire. Je comptais passer juste un moment sur cette terre, mais que le temps passe vite ! " Le vieil homme fondit en larmes avec son épouse.

     Mais rien n’arriva entre chien et loup et le temps passa. Vers minuit, soudain, une lumière vive apparut tout autour de la maison. Au centre de cette masse de lumière se trouvaient des représentants de la ville lunaire avec un char volant. Les portes de la maison qui étaient fermées à clef s’ouvrirent sans qu’on y touche, et la princesse apparut. Survolant au-dessus de la forêt de bambou, elle dit adieu au vieil homme, à sa femme, et à la terre.

     C’est ainsi que l’ascension de la princesse Kaguya s’acheva.    

 

     Juste avant de regagner la lune, elle confia un pot de pâte pharmaceutique pour l’immortalité à un sujet de l’empereur avec son waka, bref poème à forme fixe : " Vous me manquez profondément juste au moment où je mets l’habit pour monter. "  

     L’empereur ordonna d’envoyer le pot et la lettre de poème au sommet d’une montagne, et de les brûler pour faire monter la fumée. Il demanda à ses sujets,

     " Quelle montagne est la plus proche du ciel ? "

     " C’est le mont qui se trouve dans la région de Suruga," actuellement Shizuoka. Ce mont se nomma : le mont Fuji. La prononciation du mot "fuji " correspond à l’immortalité. La légende veut que la fumée du mont Fuji monte toujours dans les nuages.

«fin»

 

     Voici les morales qu’on pourrait déduire de ce récit. A vous de choisir, ou d’y ajouter.

     morale 1 : Si vous ne voulez pas attraper le coup de bambou, il ne faut jamais entrer dans la forêt de bambou.

     morale 2 : La forêt de bambou est très appréciée au Japon.

     morale 3 : Si vous contemplez trop la lune, vous serez dans la lune.

     morale 4 : Toutes les femmes exigeantes ne sont forcément pas belles.

     morale 5 : La beauté éternelle n’existe pas.

     morale 6 : La vie sur terre est éphémère.

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