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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 01:50

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     Lorsqu’on visite la forêt de bambou, je raconte ce récit aux voyageurs. «Le conte de la princesse Kaguya» ou «le conte du coupeur de bambou», «Taketori-Monogatari» en japonais, est la fiction la plus ancienne au Japon. La date de la rédaction pourrait remonter jusqu’au 9ème siècle. «Taketori-Monogatari » doit attirer l’attention à nouveau l’an 2013, car la prochaine œuvre du studio Ghibli de dessin animé serait inspirée de ce conte.

 

     «Le conte de la princesse Kaguya» (extraits, traduit et adapté par Tomo)

 

     Il était une fois un vieil homme, Okina, qui coupait des bambou. Il gagnait sa vie en fabriquant des paniers et des corbeilles en bambou. Un jour, quant il était dans la forêt de bambou comme d'habitude, il trouva un tronc de bambou dont la partie la plus basse brillait mystérieusement. Il s'en approcha et trouva entre les nœuds de bambou une très petite fille de 3 Suns, à peu près 10 centimètres de hauteur.

     " Quelle belle fillette! ", il s’éclama.

     Comme il n'y avait pas d'enfant entre ce vieil homme et sa femme, il l’amena jusque chez soi. Ils commencèrent à élever cette jolie existence. Son nom est Kaguya-hime: la princesse Kaguya.

     Après l'arrivée de la princesse Kaguya, chaque fois il se rendit dans la forêt de bambou, il trouva un bambou qui contenait un morceau d'or entre les nœuds. Il devenait de plus en plus riche.

     Kaguya-hime grandit en seulement trois mois, et arriva à avoir une beauté ravissante.

     "Nous avons de la chance d'avoir une telle fille qui nous donne beaucoup de lumière. Sa lumière fait disparaître nos soucis, nos colères, et nos souffrances." Le vieil homme et sa femme se contentèrent.

 

     En entendant la réputation de la beauté éblouissante de la princesse Kaguya, beaucoup de jeunes hommes sont venus pour demander la main de la princesse.

     Parmi ces demandeurs, cinq princes se distinguèrent avec leurs attachements. Le vieil homme voulut marier la princesse à un de ces cinq princes.

     "Lequel de ces cinq vous plaît le plus?", le vieil homme demanda à la princesse.

     "J'aimerais avoir la preuve", elle répondit.

     "Quelle preuve?"

     "J'aimerais demander au premier un bol en pierre de bouddha; au deuxième, un arbre qui se trouve en montagne Hôrai avec sa racine en argent et sa tige en or et ses fruits de perles; au troisième, la peau du souris de feu de Chine; au quatrième, une perle au cou de dragon qui brille en cinq couleurs; au dernier, la coquille que les hirondelles gardent." Cinq princes s'en allèrent. Et ils y échouèrent tous.

     Ensuite, l'empereur arriva pour l’engager à sa cour. Mais la princesse refusa en disant,

     "Si j’étais née dans ce monde, j’aurais pu vous servir. Mais comme je ne suis pas de ce monde, c’est impossible. "

     L’empereur insista et s’en approcha, que la princesse devint invisible. Il y renonça et lui ordonna de réapparaître.

 

     Ainsi, trois ans passèrent. Depuis le début de ce printemps, la princesse se trouvait très mélancolique contemplant la pleine lune. D’après les servantes, la princesse pleurait chaque fois qu’elle regardait la lune.

     "Il ne faut pas regarder la lune comme ça. Sur quel malheur lamentez-vous", Okina lui demanda.

     "Je ne déplore pas. Mais la lune me rend si solitaire et triste", la princesse soupira.

     Au soir de la pleine lune du 15 août, elle se mit à pleurer à nouveau, cette fois-ci, violemment.  

     "Mais qu’est-ce qui vous prend ? " le vieil homme demanda à la princesse.

     "Le moment est venu. Il faudrait que je retourne à la lune, mon pays natal où se trouvent mes parents, citadins de la ville lunaire. Je comptais passer juste un moment sur cette terre, mais que le temps passe vite ! " Le vieil homme fondit en larmes avec son épouse.

     Mais rien n’arriva entre chien et loup et le temps passa. Vers minuit, soudain, une lumière vive apparut tout autour de la maison. Au centre de cette masse de lumière se trouvaient des représentants de la ville lunaire avec un char volant. Les portes de la maison qui étaient fermées à clef s’ouvrirent sans qu’on y touche, et la princesse apparut. Survolant au-dessus de la forêt de bambou, elle dit adieu au vieil homme, à sa femme, et à la terre.

     C’est ainsi que l’ascension de la princesse Kaguya s’acheva.    

 

     Juste avant de regagner la lune, elle confia un pot de pâte pharmaceutique pour l’immortalité à un sujet de l’empereur avec son waka, bref poème à forme fixe : " Vous me manquez profondément juste au moment où je mets l’habit pour monter. "  

     L’empereur ordonna d’envoyer le pot et la lettre de poème au sommet d’une montagne, et de les brûler pour faire monter la fumée. Il demanda à ses sujets,

     " Quelle montagne est la plus proche du ciel ? "

     " C’est le mont qui se trouve dans la région de Suruga," actuellement Shizuoka. Ce mont se nomma : le mont Fuji. La prononciation du mot "fuji " correspond à l’immortalité. La légende veut que la fumée du mont Fuji monte toujours dans les nuages.

«fin»

 

     Voici les morales qu’on pourrait déduire de ce récit. A vous de choisir, ou d’y ajouter.

     morale 1 : Si vous ne voulez pas attraper le coup de bambou, il ne faut jamais entrer dans la forêt de bambou.

     morale 2 : La forêt de bambou est très appréciée au Japon.

     morale 3 : Si vous contemplez trop la lune, vous serez dans la lune.

     morale 4 : Toutes les femmes exigeantes ne sont forcément pas belles.

     morale 5 : La beauté éternelle n’existe pas.

     morale 6 : La vie sur terre est éphémère.

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